La maison Delachaux et Niestlé est née en 1885 en Suisse, de l'association d'un maître imprimeur, Adolphe Niestlé et de deux éditeurs, les frères Eugène et Paul Delachaux.
Les Éditions Delachaux sont cependant plus anciennes : des livres publiés sous ce nom apparaissent dès 1861 déjà. À l'écoute des conteurs et des poètes du terroir, la maison Delachaux et Niestlé commença à publier des ouvrages de littérature régionale, des albums lithographiés.
Jusqu'au début du siècle, la production ne représentait qu'une demi douzaine de titres par an. La littérature allait céder la place à la pédagogie, à la psychologie et aux sciences naturelles où les éditions font figure de novateurs.
Rapidement la réputation des éditions Delachaux et Niestlé tient aussi à la publication d’ouvrages de sciences naturelles.
A côté de publications luxueuses, une collection bon marché voit le jour en 1937 : « Les beautés de la nature ». La collection connaît un vif succès avec des auteurs comme Robert Hainard, Paul-André Robert, Paul Géroudet, Henri Correvon, des hommes de terrain, dont le discours, didactique, incite à la découverte.
Dans les années 1940, la production atteint 80 titres ; le nombre de volumes vendus s’élève alors à 300 000. L’entreprise dans son ensemble – imprimerie et édition – emploie alors une centaine de collaborateurs.
En 1944, la direction de l’entreprise est confiée à la nouvelle génération. Agnès Delachaux, fille d’Arthur, relance l’intérêt du public pour « Les beautés de la nature » en invitant dans les années 1950 le professeur Jean Dorst, alors titulaire d’une chaire au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, à écrire ce qui allait devenir un livre événement, Avant que nature meure, premier grand cri d’alarme sur la dégradation de la nature. Puis Jean Dorst devient directeur de la collection des « Guides du naturaliste », qui perdure encore aujourd’hui. Il s’agit de mettre à disposition du public des manuels de synthèse d’une grande rigueur scientifique, permettant d’identifier la faune ou la flore d’une région, d’en explorer la géologie, la minéralogie, etc. Certains titres sont tirés à plus de 200 000 exemplaires, comme le désormais célèbre « Peterson » - Guide des oiseaux d’Europe - dont la première édition date de 1954.